Un énorme besoin d'écrire, encore et encore. Ecrire sans m'arrêter. Débiter des paroles plus incohérentes les unes que les autres, mais qu'importe. Je veux écrire. J'en ai besoin. Vider mon sac. Vous parler de tout, vous parler de rien. Mais surtout ne parler à personne. Ou à tout le monde. Je vous parle à vous, à toi, à toi aussi, à eux, à lui, à elle. Des paroles à tous vas, un discours sans queue ni tête, vous devez en avoir l'habitude avec moi. Dans cet espèce de psychodrame, je ne citerai pas de noms. J'appellerai les gens par des lettres. Je ne veux offusquer personne ! Il ne manquerait plus que ça ...
Je deviens dingue. A vrai dire, je l'ai toujours été. Pour subir tout ça, il fallait vraiment être dingue. Le pire, c'est que j'en redemande. Je suis bloquée, un labyrinthe qui n'a qu'une issue. Toutes les autres partent en couille,
alors à quoi bon. Je suis toujours pleine de volonté, mais mes ambitions sont souvent réduites à néant. Vous savez quoi? Je sers à rien. Un jour, L m'a dit, que de toute façon, je gâchais toujours tout. Mon Dieu qu'elle avait raison. Je suis un drame ambulant. Une erreur. D'ailleurs, ce mot erreur résume à peu près toute ma vie. Je ne vous demande pas de compatir, je souhaite encore moins votre pitié. Je n'attends rien de vous. Alors s'il vous plaît, n'attendez plus rien de moi. Je veux tout recommencer. Partir. Loin. Le plus loin possible. Loin de ces gens, de ces souvenirs. Pourtant, tout me fait tellement peur. Tout est basé sur trop de suppositions. La vie n'est jamais sure. Tout est éphémère. Je suis un désastre dans tout ce que j'entreprends. Comment interprétez-vous ça? Je ne sais pas me tenir, je parle trop, je bois, je fume, je me plains tout le temps, je ne supporte rien, je m'emporte pour un rien. Je n'ai aucune valeurs. Je crois en des choses impossible. A vrai dire, je n'ai pas grandi. Putain, je n'ai donc même pas de qualités ? Et ben non. Et il m'a fallu 18ans pour m'en rendre compte. Et 18ans dans l'ignorance, c'est long.
Deux ans, c'est long aussi. Deux ans, vous imaginez? Et pourtant, malgré tout, si on me demandait de revenir deux ans en arrière, j'accepterais sans hésiter une demie seconde. Parce que tout ça me manque, bordel. Je me déçois moi même. J'oublie des dates, perds des souvenirs. L'effet du temps sur la blessure, vous me direz. Mais pas moi, merde ! Pas moi ! Moi j'ai pas le droit d'oublier ! Alors j'ai tout noté. Oui. J'ai tout écrit. Répertorié ma vie dans un petit carnet rose. Un petit carnet que je garderais longtemps. Je suis bornée, hein? Ouais. Vraiment. Le pire, c'est que je suis lunatique. Il y a deux secondes, j'étais prête à vous ressortir tout le toin-toin, à vous dire que je me relançais dans ma quête de l'amour impossible etc etc. Mais non. Je suis fatiguée, tellement épuisée. Même écrire me fatigue. Alors réviser, n'en parlons même pas. Et pourtant, mon avenir se joue sur les jours à venir. Mais je ne fais rien, rien du tout. Rien pour rendre plus sure la probabilité de tout quitter l'année prochaine. Je n'excelle en rien. Alors je devrais me bouger ! Mais non. Je suis fatiguée, exténuée. Je n'y arrive plus. J'ai trop besoin de buts pour avancer, et à ce jour, je n'ai plus rien.
J'ai mis du temps avant de pouvoir réécrire comme ça, en pouvant dire tout ce qui me passe par la tête. Parce que c'est un gros travail. Une passion, certes, mais quelque chose d'éprouvant. Ces mots qui me font si mal ont besoin de sortir. Mais ils brûlent tellement quand ils sortent ... Ils n'y a pas qu'eux qui brulent d'ailleurs. Mes yeux piquent atrocement. Ils me brouillent la vue. A tel point que je n'arrive plus à écrire pour ce soir. J'avais pourtant tellement de choses à dire. Mais c'est trop dur, je n'y arrive plus. J'avais décidé un peu plus tôt de la soirée, de me couper du monde. D'éteindre mon portable, de couper msn. De tout oublier. Mais je n'y arrive pas. Oublier n'a jamais été une tâche facile pour moi. ..
C'est ainsi que je vais retourner à ma petite vie. Pas de but précis. Juste des jeux. Nos jeux. Le reste, à présent, je m'en fiche. J'ai rayé tellement de personnes de ma vie ces derniers temps, qu'une de plus ou une de moins m'importe peu. J'ai simplement mal. Trop mal. Ca paraît inhumain d'avoir autant mal. Mais j'ai l'habitude de faire cavalier seul. A quoi bon essayer une reconversion, tout foire, de toute façon. Trop indécise. Trop sure pour des choses qui n'en valent pas la peine. Faire un choix me prend trop de temps, j'en viens à perdre les personnes qui me sont les plus chères. Alors j'arrête. Je remonte dans ma barque, et je rame. Seule. Là où mes idéaux révolutionnaires me porteront. Après tout, j'ai déjà vécu le pire, je n'ai plus peur. Tout seul, ramer c'est difficile. Mais on avance.
Alors oui, tu avais raison. J'ai vraiment le don pour tout gâcher.
Je vous prie donc de m'excuser. Mais je sais bien que vous n'excuserez rien.
Parfois, on ne peut pas pardonner. C'est comme un vase qui serait cassé.
On peut essayer de le recoller, mais rien n'est jamais plus pareil.
C'est con, mais c'est comme ça.